Journées Nationales des Diasporas Africaines – JNDA 2018 [#1]

lancement JNDA 2018 Bordeaux Station Ausone Mollat 12 avril

Comme chaque année, je me suis rendue aux Journées Nationales des Diasporas Africaines (JNDA 2018). Pour le lancement de cette 6ème édition, nous avons eu l’occasion d’entendre le point de vue éclairé du philosophe Souleymane Bachir Diagne sur « Les diasporas aujourd’hui : situations et prospectives ». Sous la houlette de Pierre de Gaétan Njikam, adjoint au Maire de Bordeaux et initiateur des JNDA, le tissage de liens économiques et culturels entre Bordeaux et les territoires africains doit se tourner vers l’avenir, la prospective et la jeunesse.

Bordeaux, carrefour d’échanges avec les diasporas africaines pour ces JNDA 2018 … et au-delà

Depuis 2013, la ville de Bordeaux organise les Journées Nationales des Diasporas Africaines. Confirmant leur volonté municipale engagée quatre ans auparavant, l’équipe bordelaise tisse une dynamique commune avec les territoires africains et ses diasporas. D’ailleurs Alain Juppé a créé une délégation dédiée aux partenariats avec ce continent. Pierre de Gaétan Njikam, adjoint au Maire de Bordeaux, en charge des partenariats avec l’Afrique subsaharienne pilote ce travail riche en échanges, dialogue et partages.

Bordeaux me semble être l’espace tout indiqué pour discuter de l’africanisation du monde […] par son histoire, la volonté des équipes et autorités locales sur ce territoire bordelais. On regarde en avant via la prospective et cela passera par les diasporas.

Souleymane Bachir Diagne

Avec le soutien du président de la République française, ces JNDA 2018 ont été l’occasion de rencontrer le Conseil Présidentiel pour l’Afrique (CPA). Le 28 novembre 2017 à Ouagadougou, lors de son discours adressé à la jeunesse africaine, Emmanuel Macron a exprimé le souhait d’une co-production entre la France et le continent africain. C’est pourquoi Jules-Armand Aniambossou s’est naturellement joint au rendez-vous annuel bordelais que sont les Journées nationales des Diasporas Africaines. Ancien Ambassadeur du Bénin en France, coordinateur du CPA, sa présence fut l’occasion de réaffirmer la volonté française de nous ancrer dans la coproduction avec la jeunesse … dont celle issue des diasporas.

Pierre de Gaétan Njikam et Souleymane Bachir Diagne lors du lancement des JNDA 2018, à la station Ausone de la librairie Mollat
Pierre de Gaétan Njikam (à droite) et Souleymane Bachir Diagne (à gauche) lors du lancement des JNDA 2018, à la station Ausone de la librairie Mollat

Cela étant, revenons aux avis pragmatiques de Souleymane Bachir Diagne pour le lancement de cette 6ème édition des JNDA 2018. Selon ce philosophe, écrivain et professeur à Columbia University, Bordeaux (lui) semble être l’espace tout indiqué pour discuter de l’africanisation du monde […] par son histoire, la volonté des équipes et autorités locales sur ce territoire bordelais. On regarde en avant via la prospective et cela passera par les diasporas. En effet, M. Bachir Diagne nous invite à observer que la présence africaine ne doit pas se penser «  Afrique, Afrique, Afrique » mais plutôt par les grandes questions du monde. Avant de poursuivre sur une préconisation basée sur la prospective et la co-construction : « Les présences africaines doivent se faire au bénéfice du monde et au bénéfice du continent africain ».

JNDA 2018 ou l’occasion de savoir si l’Afrique est un continent sans espoir ou un continent émergent ?

Il est vrai que si l’on interroge notre inconscient collectif sur l’Afrique, il émergera les mots suivants : esclavage, colonisation, dictature, guerre civile, pauvreté, migrants, etc.  J’en passe et des « meilleurs ». Et, personnellement, j’avoue qu’étant née ailleurs que sur le continent africain, j’ai longtemps associé l’Afrique à ces termes. 🙁

A cela s’ajoute une approche doloriste à laquelle ont tendance à s’enfermer jeunes et moins jeunes issus du continent africain … ou pas.

Remarquons également le stéréotype voulant que les Africains aient une vision de tradition et un positionnement général passéiste. D’ailleurs, c’est le point de départ de la réflexion Souleymane Bachir Diagne par sa question « Doit-on réfléchir seulement sur le passé avec ses traditions et son Histoire ? Ou alors par la prospective ? » (NB : Question à se poser quelles que soient les cultures !)

C’est par ses interrogations que le philosophe poursuit son invitation à nous poser la question suivante : « L’Afrique est-elle un continent sans espoir ou un continent émergent ? »

Couvertures du The-Economist en 2000 - Hopeless continent - et en 2011 - Africa rising -
Couvertures du The-Economist en 2000 – Hopeless continent – et en 2011 – Africa rising –

On a trop eu l’habitude du discours décliniste au lieu de parler de ce qui avance. Nous avons d’abord une démographie jeune, très jeune. Et n’oublions pas l’apport des classes moyennes dont moult articles de presse titrent pour illustrer cette Afrique émergente.

En fait, ces deux numéros de The Economist  illustrent deux réalités africaines coexistantes. En effet, contrairement aux idées reçues, deux Afrique cohabitent depuis plus longtemps qu’on ne le pense.

De plus, il est temps que l’Afrique domine son histoire, selon Souleymane Bachir Diagne. Tout comme le philosophe, je suis d’avis à me tourner vers l’avenir. Même si comme beaucoup, je suis consciente que, oui :

  • L’esclavage et la déportation de plusieurs dizaines de millions de femmes, hommes et enfants lors de la traite négrière constituent un crime contre l’Humanité.
  • La colonisation a été loin, très loin d’être un système gagnant-gagnant.
  • La grande majorité des pays d’Afrique ne profite sincèrement pas de la mondialisation.
  • La période post-coloniale dont FrançAfrique a, pendant des années, amené … humm ! no comment tellement ce n’est pas terrible, tout ça

Effectivement, à travers l’Histoire, le continent africain a dégusté. Dont acte !

Toutefois, l’Afrique peut démontrer sa capacité à dominer les maux du passé. Rester bloqué sur un statut victimaire serait une grave erreur. Car par la population du continent et par ses diasporas, il y existe tellement de savoir-être, de savoir-faire et, surtout, de savoir-partager.

Alors si on abandonnait l’afro-optimisme et l’afro-pessimisme au profit de l’afro-responsabilité et l’Humanité ?

Et si, comme nous l’indique Souleymane Bachir Diagne, le sens de nos actions nous venait du futur ? 😉

Alice-SEBEGO-Author-Burkinabe-de-bordeaux

Je suis Alice : née à Pessac et issue de la diaspora burkinabè, je suis développeuse web full stack issue de 13 ans de métier en communication. Ayant toujours vécu dans Bordeaux Métropole, je suis ravie de partager, avec vous, les actualités des Burkinabè bordelais & aquitains.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :