Ouaga Girls, des jeunes femmes intègres à l’affiche d’un film-documentaire

Affiche film Ouaga Girls source Allocine

Si vous recherchez un documentaire joignant sobriété, dignité et authenticité, vous aimerez ce qui va suivre. A juste titre, le film Ouaga Girls combine la rencontre de tout ceci. Sa réalisatrice Theresa Traoré Dahlberg nous offre la jonction poétique de portraits de jeunes filles installées à Ouagadougou. Ces femmes en devenir ont pour point commun leur projet professionnel.

Certains nous diront qu’il s’agit d’un métier hors du commun : Adissa, Bintou, Catherine, Chantale, Dina, Marthe, Mouniratou, Nathalie et Rose terminent leurs études de mécanique automobile. Et oui, la tôlerie-peinture, la réparation et la carrosserie font partie de leurs savoir-faire ! Une voie professionnelle résonnant avec la voix de leurs choix de vie : rechercher et vivre leur destinée.

Ouaga Girls ou l’analogie d’une solidarité sincère

Photo extrait film Ouaga Girls source Allocine
Photo extrait du film Ouaga Girls – Source Allocine

A l’aube de leur future vie d’adulte, la solidarité est de mise dans ce groupe composé de ces jeunes filles. Nous pouvons remarquer une entraide sans faille envers nos futures professionnelles de l’automobile qui connaissent des moments compliqués : besoin urgent  de travail et/ou d’argent pour subvenir à sa famille, situation maritale avec enfant de bas-âge, grossesse en cours, leur souvenir d’enfance, …

 On est plus membre à l’école qu’à la maison. 

En effet, chacune de ces étudiantes, au sortir de l’adolescence, s’écoute, se soutient et est présente lorsqu’une d’entre elles baisse les bras. Malgré des moments tendant à la désinvolture, elles ont la chance d’être épaulées par un directeur empli d’empathie, en dépit des nécessaires attitudes fermes. Sans spolier le documentaire, je peux vous confier que j’ai été particulièrement marquée par une scène. Le dirlo (et prof) s’est occupé du nourrisson d’une des étudiantes … en plein examen 🙂 .

De ces jolis moments de solidarité, ce documentaire nous démontre les effets du principe de se serrer les coudes : Il est évident que nos Ouaga Girls considèrent le Centre Féminin d’Initiation et d’Apprentissage aux Métiers (CFIAM) comme une famille choisie. Ce que confirme l’une d’entre elles qui nous confie ceci : « On est plus membre à l’école qu’à la maison ».

Un pied de nez poétique à l’autocensure et l’inégalité

Autre élément faisant que ce documentaire est une belle leçon de vie : c’est la force dont font preuve nos Ouaga Girls. Et pour cause, elles aspirent à un métier réputé – métier d’homme – . Et alors ?! « Nous aussi, on a la force  » rétorque une de ces jeunes femmes à un jeune homme la mettant en garde sur la  « dureté » du job dit – pour hommes – .

Quid sur les comportements à adopter (ou pas) sur l’éducation sexuelle qui, je l’avoue, est toujours tabou quand je vis la scène du cours de civisme. Pourquoi ma perplexité ? Car aucune info partagée auprès de nos jeunes femmes sur la contraception ;

Quid sur l’accès à l’Éducation mis en avant officiellement par le gouvernement, les ONG, etc. Pourquoi ma frustration ressentie à ce moment-là ? Car dans la réalité, accéder à l’école est toujours compliqué lorsqu’il s’agit de la scolarité des filles et jeunes femmes.

Certes, le problème de mixité homme / femme ne touche pas seulement le Burkina Faso. Nous pouvons constater des disparités similaires dans les pays occidentaux comme la France.

Cela étant, sur fond d’une bande originale réalisée par Jenny Wilson et Christoffer Roth, je souhaite partager avec vous mon clin d’œil sur le message véhiculé par ce film.

J’ai ressenti un appel à chaque citoyen, n’en déplaise aux inégalités et à l’autocensure que nous pouvons nous infliger. Pendant le documentaire, nous pouvions appréhender le contexte politique et social dépeint subtilement par la réalisatrice Theresa Traoré Dahlberg. Les faits relatés pendant ce documentaire se passent pendant la période post – Ère Blaise Compaoré – et lors de la Transition burkinabè. Tout ceci avec une distance telle que j’ai retenu cela ; Et pour cause, tous à chacun, nous sommes tous aptes à prendre en main nos destins individuels et communs. Nul besoin d’être dépendant d’un pouvoir politique ou autre : nous, aussi, nous possédons de la force.

Reste à ne pas nous autocensurer 😉 … que l’on soit à Ouaga, Paris ou Bordeaux.

Alice-SEBEGO-Author-Burkinabe-de-bordeaux

Je suis Alice : née à Pessac et issue de la diaspora burkinabè, je suis consultante communication de métier. Ayant toujours vécu dans Bordeaux Métropole, je suis ravie de partager, avec vous, les actualités des Burkinabè bordelais & aquitains.

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