Studio Volta : rencontre entre tradition(s) et modernité

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Ce vendredi 5 octobre 2018 dernier, nous pouvions rencontrer le photographe burkinabè Sanlé Sory pour le vernissage de son exposition Studio Volta. La Vieille Église Saint-Vincent de Mérignac accueille les œuvres uniques du bobolais jusqu’au 28 février 2019.
En véritable chroniqueur social de Bobo-Dioulasso dans les années 60-70, Sanlé Sory nous offre un voyage visuel et musical intemporel tant son travail allie tradition et modernité.

Sanlé Sory, auteur d’une œuvre hors-norme et intemporelle

Il ne se rendait pas compte de la qualité et du caractère unique de ses prises de vue. De 30 000 pellicules/an des prises de vie quotidienne bobolaise, le photographe voltaïque en a brûlé une partie. Il faut dire que lorsque la photo couleur est arrivée, les gens se sont détournés du noir & blanc. Des négatifs immortalisant son œuvre, Sory a en consumé quand ce n’était pas les souris du studio qui avaient décidé d’en grignoter.

sanle sory photographie des 2 femmes burkinabè posant avec un jeu graphique tissu wax decor

Rendez-vous compte ! Le chroniqueur social des années yéyé de l’Afrique de l’Ouest était en train de brûler des souvenirs exceptionnels quand, en 2011, un certain Florent Mazzoleni l’interrompit dans cette destruction de « vieilleries ». L’actuel commissaire de l’exposition Studio Volta souhaitait juste le rencontrer pour un autre sujet. Ce dernier préparait son livre – Burkina Faso, musiques modernes voltaïques -.

Autoportrait de Sanlé Sory en double exposition à la Place du Paysan Noir
Autoportrait de Sanlé Sory en double exposition à la Place du Paysan Noir (Black Farmer Square), c.1970

Ainsi grâce cette incongrue rencontre, nous avons désormais la chance de connaître une œuvre illustrant la rencontre entre tradition et modernité. Avec des jeux graphiques avec le tissu comme le wax au photomontage artistique tel que l’autoportrait double exposition (ou double cliché assemblé), nous découvrons que le talent et l’originalité sont mis à l’honneur, à l’ère de l’argentique. L’aficionada de Photoshop et du numérique que je suis en est admirative.
La photo couleur n’existait pas : place aux jeux visuels avec les ombres, les lumières, les éléments, les postures, les vêtements, …

sanle sory photographie lieu de rencontre entre moderne et tradition

De plus, les références cinématographiques parleront aux petits comme aux grands. Nous pouvons retrouver des atours qui parleront à tous : une combinaison jaune rayée de noir portée par un bobolais interpelle aussi bien mon fils de 15 ans que moi. Le fiston a reconnu la tenue de Beatrix Kiddo dans – Kill Bill Vol. 1 – , moi Bruce Lee dans – Le Jeu de la Mort -. Nous retrouvons Batman et Robin s’invitant dans les créations. Deux jeunes hommes ont posé juste après avoir vu le film. Notons que la spontanéité fait partie de la recette de la créativité du photographe.

Studio Volta : quand musique et photo vont de pair

Au fil de la visite de l’exposition Studio Volta, nous comprenons que Sanlé Sory était abonné à Salut Les Copains. Avec des clins d’œil à Eddy Mitchel, il avait de nombreux posters de SLC. Nous retrouvons aussi des hommages à Jimmy Hendrix ; De plus, certains clichés sont imprégnés des références musicales comme Run-DMC.

« Là où il y a de la musique, la photo se doit d’être là : les deux vont de pair »

C’est avec cet état d’esprit que Sanlé Sory immortalise des occasions importants de la vie : mariages, baptêmes, fêtes traditionnelles, …
Ainsi vit le jour Volta Photo, entreprise créée par Sanlé Sory. Il devient une figure de la ville de Bobo-Dioulasso en déambulant sur sa moto dans les rues de la 2ème ville de l’actuel Burkina-Faso.
Dans le même temps, Volta Jazz naît grâce à Drissa Koné, le cousin de Sory.

De nombreux disques vinyles illustrés par les photos de Sory y sont issus : ces œuvres musicales accompagneront l’effervescence culturelle d’une Haute-Volta (futur Burkina Faso) tout juste indépendante, mais aussi du reste de l’Afrique.

De plus, elles rythmeront les bals poussières captés par le photographe né en 1943. Tout comme les habitants du quartier malien de Bobo, les Peuls étaient de bons clients. Ils sortaient des fêtes, imbibés de bonne humeur (et d’alcool) pour se rendre aux locaux de Volta Photo. Ainsi, nous pouvons entrevoir la journée type de Sory.
Dès 5 heures, au studio avec les Peuls, le photographe entame des tournées en mobylette en compagnie de 2 à 3 collaborateurs. Une fois le crépuscule tombé, s’en suivent les tournées en brousse et/ou en événement. Une fois de retour au studio aux alentours de 23h, l’équipe voltaïque conclut le travail par le tirage des photos jusqu’à 1 heure du matin.

Quand Studio Volta fait escale à Mérignac

Grâce à Florent Mazzoleni et la ville de Mérignac, l’exposition Studio Volta pose ses valises à la Vieille Église Saint-Vincent, après avoir parcouru le monde entier.

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Quand Sanlé Sory se prend au jeu du selfie avec le maire de Mérignac Alain Anziani, lors du vernissage de Studio Volta

En véritable passionné par son art, le chroniqueur social bobolais nous est tout ouï pour échanger et nous prendre en photo avec son appareil, que nous soyons sur à l’Art Institute de Chicago, aux Arts Club de Londres, à la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain de Paris ou à l’Ascenseur Végétal à Bordeaux où j’ai pu discuter avec Sory. En effet, nous pouvons y retrouver de magnifiques ouvrages consacrés aux photographies. Lors cette rencontre, quelques bordelais et moi avons pu partager un moment privilégié avec l’ancien.

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Sanlé Sory en dédicace à la librairie bordelaise l’Ascenseur Végétal

Plaisir partagé car Sory m’a confié ceci :

Burkinabè de Bordeaux : Un mot sur Bordeaux ?
Sanlé Sory :  Très bien accueilli, je suis très content de découvrir la ville. Elle représente un rêve, grâce à sa chaleur, les gens et grâce à Florent.
BBx : Un lieu favori sur Bordeaux pour y prendre des photos ?
S : Tout y est super.
B : Côté gastronomie, une préférence ?
S : Je suis polyvalent (rires) je ne peux pas vous dire pour le vin car je ne consomme pas d’alcool. J’ai cherché le tô – sauce gombo mais je n’ai pas trouvé !

Alors, j’invite donc les restaurateurs bordelais spécialisés dans la gastronomie africaine à proposer du tô !
…Et je vous invite à découvrir l’œuvre de Sanlé Sory, à l’occasion de l’exposition Studio Volta

Jusqu’au 28 février 2019, mardi-dimanche, 14h-19h, entrée libre :
http://www.merignac.com/agenda/studio-volta-exposition-de-sanle-sory-la-vielle-eglise

A l’Ascenseur Végétal, 20 rue Bouquière 33000 Bordeaux :
https://ascenseurvegetal.com/fr/1026_sory-sanle

Alice-SEBEGO-Author-Burkinabe-de-bordeaux

Je suis Alice : née à Pessac et issue de la diaspora burkinabè, je suis développeuse web full stack issue de 13 ans de métier en communication. Ayant toujours vécu dans Bordeaux Métropole, je suis ravie de partager, avec vous, les actualités des Burkinabè bordelais & aquitains.

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